Rencontre
Jean-Claude VOLOT travaille à améliorer la confiance entre
les entreprises
Déjà engagé dans la médiation du crédit, Jean-Claude Volot a
accepté une nouvelle mission de la part des pouvoirs publics :
améliorer les relations dans le monde de l’entreprise et
notamment entre donneurs d’ordres et sous-traitants.
En 2009, lors de la création de la médiation
du crédit, Jean-Claude Volot a pu
constater, aux côtés de René Ricol, à quel
point les relations entre les clients et les
fournisseurs de l’industrie étaient distendues,
voire parfois déshumanisées, dans
notre pays. En effet, en période de crise,
le management de certains grands clients
tend à être dicté par la seule logique du
prix le plus bas. Et le partage inéquitable
de certaines marges limite la capacité d’investissement
et de recherche et développement
des PME. Cela a engendré chez
de nombreux fournisseurs un climat de
défiance et de ressentiment. Ces entreprises
craignent de servir de variables d’ajustement
face aux fluctuations d’activité des
grands groupes.
Les conclusions des États généraux de
l’industrie, rendues en début d’année, ont
confirmé ce constat ; elles ont appelé à la
création d’un médiateur, tiers impartial et
indépendant capable de rétablir un équilibre
dans la relation entre clients et fournisseurs.
« Le ministre de l’Industrie, Christian
Estrosi, a décidé de mettre en place une
médiation pour les sous-traitants mais
également les façonniers, les prestataires
de services et les équipementiers. En avril
dernier, il m’a fait l’honneur de me proposer
de conduire cette mission », déclare
Jean-Claude Volot.
Pour un partenariat authentique et durable
Le premier objectif de Jean-Claude Volot
est de favoriser une relation partenariale
authentique et durable entre clients et
fournisseurs, au sein de filières structurées
et décloisonnées. « Nous souhaitons rétablir
un climat de confiance entre les grands
industriels et les sous-traitants. Il n’est plus
acceptable que certaines entreprises soient
maintenues dans une relation de peur et
de domination. »
Concrètement, l’action de la médiation
s’inscrit en dehors de toute procédure
contentieuse ou juridique. Il s’agit d’une
stricte fonction de médiation, visant à
examiner précisément la situation des
entreprises concernées et à proposer des
solutions adaptées. « Ainsi, nous veillons à
ce que ni le client ni le fournisseur ne soit
lésé ; une médiation réussie, c’est avant
tout une victoire des deux parties. »
« Deux types de médiation sont possibles,
explique Jean-Claude Volot. Des médiations
collectives peuvent être assurées, dès
lors que plusieurs demandes convergentes
sont adressées par des groupes d’entreprises
ou des fédérations professionnelles.
Lorsque ces signalements concourent suffisamment,
nous nous tournons, sans citer
nos sources, vers le client ou le fournisseur
concerné, et lui demandons d’améliorer
ses pratiques. Des médiations individuelles
sont également mises en oeuvre quand une
entreprise en fait la demande, pour rechercher
dans la concertation une solution
rapide. Dans tous les cas, je me permets
d’insister sur le fait que ces médiations
se font dans l’anonymat le plus complet.
Mes équipes et moi-même travaillons sans
déclarer le nom des entreprises qui nous
saisissent. »
Comment s’adresser au médiateur ?
Jean-Claude Volot a voulu que la saisine de la médiation de la sous-traitance se fasse de manière très simple et rapide. Pour déposer un dossier de médiation en ligne, rendez-vous sur le site Internet
www.mediateur.industriel.gouv.fr.
L’entreprise peut compléter ou modifier son dossier pendant huit jours.
Après avoir renseigné toutes les étapes, elle valide définitivement ce dossier. Celui-ci est alors examiné dans les plus brefs délais par les équipes de la médiation. Tout chef d’entreprise peut également se faire aider dans ses démarches de saisine en composant le 0810 00 12 10. Un réseau de tiers de confiance, c’est-à-dire des professionnels bénévoles, est à leur disposition pour les accompagner et les orienter.
Rapidement opérationnel
« En moins de cinq mois, une vraie structure
opérationnelle a été mise en place.
Outre une équipe resserrée au niveau
national, la médiation s’appuie pour
l’ensemble du territoire sur un réseau de
médiateurs régionaux et de professionnels
compétents et réactifs ayant une solide
expérience du milieu industriel. Ils traitent
la majorité des dossiers qui nous sont
soumis. À ce jour, nous avons reçu plus
de 80 dossiers, parmi lesquels figurent des
demandes d’actions collectives concernant
plus de 200 000 emplois. »
« Au cours de ces dernières semaines, je
me suis également attaché à développer et
consolider une charte de bonnes pratiques
entre donneurs d’ordres et fournisseurs,
véritable socle de notre action. Ainsi, le 28
juin, de nouvelles grandes entreprises ont
rejoint les signataires de cette charte, qui
établit dix engagements pour des achats
responsables. »
Loïc Le Lagadec
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