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Dossier thématiqueDémocratie consulaire
Des élections qui font entrer votre CCI dans une nouvelle ère Reportées de novembre 2009 à cette fin d’année 2010, les élections des Chambres de commerce et d’industrie auront lieu dans quelques semaines – scrutin ouvert du 25 novembre au 8 décembre, notez-le – pour une proclamation des résultats le 15 décembre et une élection des présidents de chambres programmée avant le 30 décembre 2010 ou tout début 2011 pour les chambres territoriales (CCIT), et en janvier 2011 pour les chambres régionales (CCIR). Cette élection simultanée, c’est une des grandes nouveautés de l’année 2010. Elle résulte de la loi réformant le réseau des Chambres de commerce et d’industrie adoptée au coeur de l’été (Journal Officiel du 24 juillet), et qui renforce la régionalisation tout en visant à améliorer la qualité et l’homogénéité des services rendus par les chambres aux entreprises de leurs territoires. Les ressortissants de la CCI de la Haute-Marne sont donc appelés aux urnes, pour voter soit par correspondance soit par voie électronique, via Internet. À travers ce dossier, Challenges 52 vous indique les modalités pratiques de cette élection et, grâce aux témoignages recueillis, les enjeux de ce scrutin important pour l’économie haut-marnaise. Une nouvelle ère s’ouvre, en effet... Qui vote, quand et comment ? Commençons par les modalités pratiques. Pour participer à ce scrutin en qualité d’électeur, il faut d’abord figurer sur la liste électorale, laquelle a été établie fin août et rendue publique par le préfet le 23 septembre (clôture définitive de la liste fin septembre). Sont inscrits sur cette liste les commerçants immatriculés au registre du commerce et des sociétés (RCS), les chefs d’entreprises inscrits au répertoire des métiers et parallèlement immatriculés au RCS, les conjoints des personnes précédemment mentionnées ayant été déclarés au RCS, les SA, SAS, SARL, EURL, EIRL, sociétés en commandite, en nom collectif, les établissements publics à caractère industriel et commercial et les représentants des établissements secondaires des entreprises ou commerçants cidessus énumérés. « Il est à noter que pour ces élections, la liste électorale a cette fois été ouverte à toutes les nationalités, même non européennes », indique Serge Donato, secrétaire général de la CCI de la Haute-Marne, en précisant que l’ensemble des ressortissants concernés recevra d’ici quelques semaines, au sein des entreprises, le matériel de vote ad hoc. L’électeur haut-marnais aura alors le choix entre le vote par Internet (avec le code d’accès fourni dans l’envoi) ou bien par correspondance. La plage d’ouverture du scrutin est assez large puisque le vote pourra s’effectuer entre le 25 novembre et le 8 décembre, pour un dépouillement prévu autour du 13 décembre.
Les élections à la CCI 52 en chiffres
Qui est éligible ? « Pour se porter candidat, il faut tout d’abord être inscrit sur la liste électorale et être âgé de plus de 18 ans au dernier jour du scrutin. Il faut en outre être inscrit au RCS depuis au moins deux ans ou être représentant d’une entreprise réunissant plus de deux ans d’activité », rappelle Serge Donato en stipulant que chaque candidat se présente dans sa catégorie : commerce, industrie ou services. À compter du 15 décembre, date de la proclamation des résultats, les élus seront installés pour une durée de mandat de cinq ans. En Haute-Marne, le nombre des représentants à la CCI territoriale est de 24 membres au total, comme précédemment. « Mais la grande nouveauté, avec ce scrutin – toujours majoritaire plurinominal à un tour –, c’est que les sept premiers candidats élus siègeront également au sein de la CCI régionale de Champagne- Ardenne », insiste Serge Donato. On notera au passage que les titulaires à la CCIR auront automatiquement un suppléant. Mais attention : ce dernier ne sera pas un remplaçant en cas d’absence du titulaire aux réunions et assemblées de l’instance régionale, il deviendra titulaire en cas de démission de ce dernier. Dans l’état actuel des textes règlementaires, les présidents seront élus au plus tard le 30 décembre prochain pour la CCI territoriale et le 13 janvier pour la CCIR. Toutefois un décret dit « balai » est en cours de rédaction et son projet repousserait de 15 jours l’installation des nouveaux membres et l’élection du Président et des membres du Bureau. Enfin, autre nouveauté qui a son importance, on ne pourra plus être à la fois président régional et territorial. Au service des entreprises haut-marnaises
La CCI de la Haute-Marne invite
évidemment ses ressortissants à
participer nombreux à cet exercice
de démocratie consulaire en
insistant sur le fait que ces élections
participent à la « légitimité
et à la représentativité des CCI ».
Investis d’un mandat public, les
élus ne sont là ni pour représenter
leur profession ni un syndicat,
mais bien les intérêts généraux
de l’ensemble des secteurs d’activité.
« Un engagement fort »,
selon Pierre Barbier, l’un des plus
anciens membres de la CCI de la
Haute-Marne, toujours prompt à
souligner qu’il s’agit d’un « établissement
à caractère public géré
par le monde économique » et
qu’il est capable d’assurer le lien
avec les pouvoirs publics (Etat,
collectivités territoriales), pour
défendre les intérêts des entreprises,
et participer à leur création
comme à leur développement.
Vice-président de la CCI 52
et président de Haute-Marne
Initiative, Pierre Barbier pourrait
lister toutes les actions menées
par la CCI, à la fois stratégiques
et techniques, illustrant cette
ambition d’être chaque jour au
service de tous. Mais il s’en tient
ici à deux exemples assez symboliques
à ses yeux : « Prenez les
actions Fisac, de restructuration
et de modernisation du commerce,
si importantes pour nos villes
et nos territoires, ruraux en particulier.
Si la CCI ne s’engageait
pas comme elle le fait dans de
tels programmes, en partenariat
avec l’Etat, les collectivités et nos
collègues des Métiers, réalisant
des études très fines en amont,
mobilisant des partenaires et des
fonds, la situation serait certainement
bien plus compliquée
pour certains de nos commerces
qui s’efforcent de maintenir une
activité sur le territoire et le font
vivre. » L’autre exemple qu’il met
en exergue est celui de Haute-
Marne Expansion (HME), un
dispositif créé en 2006 avec le
Conseil Général et le GIP Haute-
Marne, sur la base d’un modèle
assez rare en France. C’est une
structure aussi précieuse pour
capter et favoriser des implantations
d’entreprises sur le territoire
que pour stimuler le
développement endogène. « Son
rôle de coordination a encore
été essentiel fin juillet lors de la
reprise d’Isoroy à Chamouilley.
L’équipe de Jean-Michel D’Hondt
a su maîtriser le sujet et conforter
le repreneur dans son projet.
C’est le fruit d’une expertise et de
compétences affirmées. Et d’un
engagement partenarial fort ».
Il ne saurait être question dans
cet article de dresser le bilan des
multiples actions portées par la
CCI ces dernières années et derniers
mois (se reporter pour cela
au dernier rapport d’activité), ni
d’aborder les orientations de la
prochaine mandature, les futurs
Elus devant s’y employer au fil des
prochains mois, mais il convient
de mentionner les efforts déployés
au sein de la cellule de prévention
des difficultés quand la crise économique
a frappé durement et
que des médiations ont été nécessaires.
Cette structure doit désormais
se transformer en une cellule
d’accompagnement dans la gestion
des entreprises (prestations
d’audit). Il convient également de
signaler que la responsabilité de
l’animation de la Pépinière d’entreprises
Plein Est, récemment
mise en service à Chaumont par
la Communauté de Communes du
Pays Chaumontais, a été confiée à
la CCI de la Haute-Marne (et à la
Chambre de métiers et de l’artisanat).
Une autre preuve de sa capacité
à se projeter dans l’avenir en
accompagnant les entreprises en
herbe. Celles qui vont dessiner de
nouveaux modèles économiques.
Repères
Michel Auer Société AUER SA, Président de la CCI de la Haute-Marne « Une nouvelle ère s’ouvre pour les CCI puisque la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) est actée depuis quelques semaines déjà. Il faudra tenir les nouveaux objectifs fixés. Alors, allons-y en positivant, en travaillant différemment, en repensant notre organisation pour servir au mieux les entreprises de notre territoire. Il n’est pas question qu’elles se trouvent pénalisées par les évolutions en cours. Bien au contraire. La réforme ne fait pas que changer des choses au niveau des élections aux chambres consulaires de cette fin d’année – objet principal de ce dossier de Challenges 52 –, elle induit des économies à réaliser, sur la durée. Cela passe par des mutualisations au niveau régional (achats, comptabilité, informatique), et suppose une totale implication des futurs nouveaux élus de notre CCI, tant à l’échelon territorial que régional. Dans ce contexte de régionalisation, nous aurons à défendre le plus petit département de Champagne-Ardenne, et nous le ferons en nous battant avec nos atouts, avec nos projets. Je pense à Energic ST 52-55, à Animal Explora, au Parc Naturel National à cheval sur la Haute- Marne et la Côte d’Or, à la station nautique de Giffaumont avec son casino, au développement urbain de nos grandes villes, au projet de Centre de Stockage souterrain de Bure-Saudron, etc. Notre volonté est d’ailleurs de travailler dans une logique de projets plutôt que sur la base des commissions à l’ancienne. Il faut s’adapter et il convient de toujours plus responsabiliser nos élus. Les candidats aux élections sont conscients de ce qui les attend. Mais ils savent aussi qu’ils pourront s’appuyer sur la force logistique déployée par nos équipes de permanents. Ensemble, il conviendra d’orienter nos services vers la croissance du chiffre d’affaires des entreprises, dans l’optimisation des process de production, dans le développement du numérique et des réseaux. Et, bien sûr, dans l’innovation, qu’elle soit technologique, commerciale ou organisationnelle. »
Ce que va changer la réforme
Pour les entreprises, elle vise à réaliser une offre de services plus homogène et plus performante à la disposition de tous, un meilleur usage de leurs impôts et donc un allègement global de la fiscalité consulaire, et enfin une meilleure représentation de leurs intérêts face à la montée en puissance de l’échelon régional (Etat et collectivités). Pour les CCI, elle vise à créer un réseau plus homogène avec une plus grande capacité de mutualisation et de développement de nouveaux services. Les CCI locales/territoriales (ou CCIT) deviennent des établissements publics « rattachés » aux CCI régionales (ou CCIR). Ce qui permet d’une part le maintien de la personnalité morale pour les CCIT, et d’autre part la création d’une certaine hiérarchisation avec mutualisation des moyens humains et financiers. La gestion des concessions peut rester assurée par les chambres territoriales qui peuvent de même continuer à travailler directement avec les communes, les EPCI et le département de leur circonscription. Doit en découler une collaboration plus efficace avec les partenaires de l’échelon régional, au service des entreprises et une plus grande solidarité au niveau régional entre les CCI locales, grandes ou petites, situées sur un territoire dynamique ou fragile. (Source ACFCI) Autres challenges haute-marne : 2012 | 2011 | 2010 | 2009 | 2008 | EN SAVOIR PLUS |
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