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FERRO joue la carte Saint-Dizier pour garder son leadership

Leader mondial des émaux, Ferro conforte son unité de Saint-Dizier en y investissant quelque 7 millions d’euros.
Le site est de première importance pour le groupe avec un service de recherche et développement unique en son genre.


À Saint-Dizier, sur le Parc d’activités de référence, des hommes et des femmes jouent aux alchimistes. Leur précieux savoir-faire permet à l’entreprise Ferro d’être le spécialiste mondial des émaux pour métaux.

En apparence, le procédé de fabrication est simple. En apparence seulement…
Des matières premières pulvérulentes sont mélangées et cela donne, après fusion à des températures supérieures à plus de 1 000 °C, de la fritte de verre. Ces particules sont transformées (broyage…) afin d’obtenir une base en poudre ou liquide. Cette poudre, ou cette sorte de peinture, peut alors être appliquée sur une surface métallique ou céramique ou verre afin de donner, après cuisson, un aspect vitrifié ou émaillé.

La société de Saint-Dizier est une filiale du groupe américain Ferro dont le siège se trouve à Cleveland (Ohio). Ferro, dont la création remonte à 1919, emploie 6 800 personnes dans 20 pays et compte 75 sites de production. Douze usines existent en Europe. L’usine bragarde est entrée dans le giron du groupe américain en 1960. En 2008, Ferro a réalisé un chiffre d’affaires de 2,1 milliards de dollars.
A Saint-Dizier, 160 personnes travaillent dans l’usine Ferro dont près d’une centaine en production. Le service recherche et développement et le support technique comptent une vingtaine de personnes.
« Notre usine fabrique 8 000 tonnes de frittes de verre par an, indique le responsable du site Emmanuel Marinho, soit 10 000 tonnes d’émail. » De multiples combinaisons avec les ingrédients de base permettent de produire une vaste gamme de frittes de verre.

Les produits Ferro touchent trois grands secteurs. On pense, bien entendu, à l’électroménager (les parois des fours, le revêtement extérieur des appareils…) mais aussi à la casserolerie, au sanitaire (lavabos, etc.) et aux systèmes de production d’eau chaude. C’est aussi celui de la céramique (pour le revêtement des tuiles de toit, par exemple). La société travaille également pour le nucléaire depuis une trentaine d’années en lui fournissant des frittes utilisées pour vitrifier les déchets radioactifs. Enfin, l’industrie verrière est également cliente de Ferro dont les paillettes permettent de colorer le verre blanc dans la masse (arts de la table, flaconnage de parfumerie).

Un site important pour le groupe

L’usine de Saint-Dizier occupe une place particulière dans le groupe Ferro : « Nous faisons des spécialités, des moutons à cinq pattes. Nous produisons des petits volumes », explique Emmanuel Marinho. Autre caractéristique importante, le site bragard possède un service de recherche et développement. C’est d’ailleurs la seule usine du groupe à en posséder un pour les applications sur métaux, excepté le siège de Cleveland.

Unité “singulière” à de nombreux égards (Ferro Saint-Dizier, installation classée pour l’environnement, est le seul site Seveso du département), la société peut envisager son avenir avec sérénité dans un groupe international en pleine mutation.

Ainsi, en 2007, quand Ferro décide de ne garder que la moitié de ses usines en Europe, on tend le dos à Saint-Dizier comme à Limoges - le second site français - et dans les autres pays. Finalement, la direction opte pour la fermeture de l’usine de Limoges et le renforcement de l’activité de celle de Saint-Dizier. « Nos atouts ont joué en notre faveur, se réjouit Emmanuel Marinho. Le savoir-faire du personnel allié à des équipements performants et flexibles, le tout offrant des capacités intéressantes. » Ferro a prévu d’investir 7 millions d’euros à Saint-Dizier jusqu’en 2010, en installant notamment de nouveaux broyeurs et en modernisant les fours. L’emploi va également bénéficier des décisions prises outre-Atlantique puisqu’une vingtaine de postes doivent être créés à Saint-Dizier.

Loïc Le Lagadec



 

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